Invitée par le Ministère de l’Education d’Andorre, la romancière Hélène Legrais est venue à la rencontre des lycéens et des collégiens ! Journaliste de métier, reçue major de l’Ecole Supérieure de journalisme de Lille en 1984, journaliste sportive sur France Inter et Europe 1, historienne, romancière et professeure de photojournalisme à l’Université de Perpignan, elle a pu partager ses multiples expériences avec les élèves du Lycée français d’Andorre.

Le métier d’écrivain et les droits d’auteur

C’est d’abord avec les élèves de Terminale option droit qu’elle a présenté son parcours avec un exposé sur les dessous du métier d’écrivain, des sources de l’inspiration jusqu’à la publication et la vente en librairie. Vivre de sa plume n’est pas toujours facile. Elle leur a montré ce qu’était un contrat d’édition, a parlé de l’absence de statut pour les écrivains et a expliqué en quoi consistait les droits d’auteur et la propriété intellectuelle. Un aspect juridique que les élèves ignorent totalement.

Un roman bouleversant

Avec les élèves de premières générales et professionnelles, elle a parlé, avec toujours autant d’émotion, de son œuvre phare Les Enfants d’Elisabeth : le portrait d’Elisabeth Eidenbenz, Juste parmi les Nations, « l’oasis de paix »de la Maternité d’Elne qu’elle a créée, le destin des réfugiées espagnoles enceintes exilées sur les plages du Roussillon, la reconnaissance tardive des institutions, et les retrouvailles avec les « enfants d’Elisabeth » provoquées par la publication du roman…

Roman et Histoire

Qu’est-ce qu’un roman historique ? La romancière a exposé aux élèves littéraires sa conception en se démarquant de la manière d’un Alexandre Dumas qui disait qu’il « violait l’Histoire, mais que c’était pour lui faire de beaux enfants ». Pour Hélène Legrais, il faut au contraire respecter l’Histoire, l’écriture est là pour la mettre en scène dans un esprit de reconstitution à l’identique. Il s’agit de transmettre les faits vrais et pour cela elle mène des enquêtes dans les archives de la presse, la correspondance, les lieux, et auprès des témoins. L’intrigue romanesque est là pour redonner aux événements du passé un souffle de vie. Elle explique que Les Enfants d’Elisabeth est « le moins roman de ses romans ». Il y a bien quelques personnages fictifs comme Thérèse mais habilement et naturellement intégrés à l’histoire : « votre Thérèse est tellement vraie qu’à la fin de la lecture, j’ai cru l’avoir toujours connue ». Au cours de ses investigations et de ses rencontres, Hélène Legrais a recueilli la mémoire émotionnelle, et quoi de mieux que le roman pour restituer et transmettre cette mémoire-là.